LES ACTIONS EUROPÉENNES VONT-ELLES CONTINUER À BAISSER AU DEUXIÈME TRIMESTRE ?

Les actions européennes vont-elles continuer à baisser au deuxième trimestre ?

 

Le début d’année est très tendu avec des obligations qui montent fortement et des indices actions sous pression. Le mois de mars est un puissant retour à la moyenne puisque les indices européens ont regagné près de 15% entre le plus bas et le plus haut. Nous pensons qu’il s’agit d’une reprise technique au sein d’un momentum baissier entamé au printemps 2015. Pourtant, contrairement à l’an dernier à la même époque, nous n’attendons pas une aggravation des données économiques américaines, en recul depuis plus d’un an. En Europe, le contexte devrait rester stable dans les mois à venir. De leur côté les banques centrales n’ont aucune envie de bloquer les marchés d’actions. Pourquoi la tendance baissière reprendrait-elle ?

Quand le contexte économique n’apporte pas assez de réponses, nous utilisons l’état de la psychologie des foules au travers de l’analyse technique de marchés, dont de « l’observation des prix sous forme de graphique dans le but de prévoir de futures tendances » (définition de John J. Murphy).

Nous commençons par le DAX30. L’indice allemand des actions est représenté ici sur trente ans. Les lignes bleues et vertes sont les moyennes mobiles sur 50 et 100 semaines, soit environ des moyennes 1 et 2 ans. Ces moyennes agissent comme des supports ou des résistances, arbitrant les périodes d’expansion boursière de celles de récession. Les cours ont traversé par le bas les moyennes l’an dernier et, actuellement, ces dernières forment une résistance.

L’analyse technique exploite depuis plus d’un siècle les signaux donnés par les croisements de moyennes mobiles*. Sur le graphique, les croisements baissiers ont été soit de faux signaux de baisse (trois flèches descendantes jaunes), soit des alertes pertinentes pour des corrections d’ampleur (trois flèches roses). Nous sommes proche d’un croisement baissier (4ème flèche rose sur la partie droite du graphique). Ce signal de correction résonnerait avec notre attente d’une volatilité soutenue en 2016. Un rapide calcul indique ce signal baissier serait donné en cas de rupture de la zone de prix des 9500 points.

Sur le même graphique, nous détectons un autre argument issu de l’analyse technique : le support ascendant (bleu) qui guide les prix depuis 2009. Il a été rompu au début de cette année (point négatif) mais a ensuite été repassé en hausse (point positif). Ce second événement sur les prix ne conforte pas le scénario d’une correction.

dax LT

Dans le graphique suivant, nous regardons le même sujet mais sur les actions françaises. Nous exploitons l’information de l’indicateur Rate Of Change (« ROC », partie inférieure du graphique) qui est un taux de variation, ici sur un an sur le CAC40.

Cet indicateur est très représentatif des possibilités de décisions individuelles et de leur agrégation dans le collectif. En effet, lorsque le taux de variation est supérieur à zéro sur un an, cela signifie qu’en moyenne les investisseurs sont gagnants sur un an. L’inverse s’applique si le taux est inférieur à zéro.

Le fait que le taux évolue au-dessus ou en dessous de zéro a deux implications. La première, la plus évidente, est le sentiment soit optimiste, soit pessimiste qu’ont les investisseurs. Le second a trait aux travaux de finance comportementale de Daniel Kahneman (prix Nobel 2002). Le chercheur a montré une asymétrie de comportement selon que l’épargnant est en situation de gain ou de perte. Dans le langage plus commun des « boursiers », l’épargnant prend vite ses gains et laisse filer ses pertes.

CAC40 events & momentum 1 an

Depuis l’an 2000, le Rate Of Change évolue alternativement au-dessus et en-dessous de la ligne de zéro en restant à chaque fois assez longtemps dans une zone ou l’autre. Les principaux déclencheurs financiers de passage d’une zone à l’autre ont été : le début de la crise des « subprime » (problèmes rencontrés sur des fonds monétaires dynamiques en août 2007), la dégradation de la notation souveraine des USA (août 2001) et la fermeté de la BCE (« whatever it takes » en 2012).

En début d’année, le taux de variation est passé sous zéro pour la première fois depuis l’été 2012, date de la fameuse prise de parole de Mario Draghi. Une conclusion serait de dire que la Banque Centrale Européenne n’est plus un soutien pour les marchés actions. Mais ce qui semble plus important encore, c’est qu’avec un ROC sous zéro, les investisseurs sont devenus pessimistes en quelques semaines. Ceci signifie que nous ne sommes plus dans la configuration comportementale de 2012-2015, celle d’un optimisme fort pour les actions européennes.

En synthèse :

-          La reprise du DAX montre que dynamique baissière est stoppée par les moyennes : elle redeviendrait valable sous le point bas de mars à 9500 points

-          Le pessimisme des investisseurs pourrait s’atténuer si l’indice CAC parvenait à dépasser sa moyenne à un an (et ainsi contribuer à un passage du ROC au-dessus de zéro) : le contexte peut s’améliorer au-dessus de la frontière des 4650 points

Conclusion d'investissement

En termes opératoires, nous serons prudents et globalement neutres entre ces bornes.

 

*le croisement de deux moyennes en hausse est un signal de hausse et inversement en baisse pour un signal de baisse

Pas de commentaire.

Ajouter un commentaire