Trump : le point de vue comportemental

Trump : le point de vue comportemental

La principale difficulté de l’approche comportementale réside dans la résistance de chaque individu et de chaque groupe. Il est en effet souvent bien plus simple de se référer à une norme fondamentale, forme d’ancrage solide de la compréhension de la réalité.

Pourtant, l’individu rencontre dans son évolution une période pendant laquelle cet ancrage n’est plus rassurant. C’est dans ces périodes de transition qu’apparait l’évidence d’accepter l’importance du comportement. Il en va de même des groupes. Les entreprises, par exemple, sont confrontées régulièrement à une situation de maturité. Le Boston Consulting Group et les autres spécialistes de la stratégie d’entreprise décrivent précisément cette maturité comme étape incontournable d’un cycle.

Comment les entreprises réagissent-elles dans ce cas ? Deux grandes options s’offrent à elles. La première est la poursuite du système antérieur mais dans le cadre d’acquisitions ou de fusion. La seconde possibilité est le changement profond de système. L’apport de Steve Jobs chez Apple en 1997 est emblématique de cette transformation, réussie.

Il en va de même pour les groupes sociaux comme les nations et c’est dans cette perspective qu’on peut comprendre l’arrivée de Donald Trump au pouvoir. Son élection a eu lieu dans un contexte évident de rejet des structures existantes et, pratiquement, elle s’est fondée sur l’adhésion à l’exaltation nationaliste et le repli isolationniste.

Les électeurs, quelle que soit leur couleur, ont constaté les effets du système en place pour conclure qu’il ne leur apporte plus ce dont ils ont besoin. Précisément, l’hyper spécialisation du travail qu’impose la globalisation ne leur apporte plus l’équilibre des débuts. Dans les années 1990, après le tournant libéral de Ronald Reagan, les américains jouissaient d’une croissance soutenue et d’une amélioration globale de leur qualité de vie. Depuis une décennie, ce n’est plus le cas et c’est ici qu’intervient le choix de Donald Trump.

Ronald Reagan (1981-1989), succédant au démocrate Jimmy Carter, n’est pas arrivé par hasard. Il a été élu sur la base d’un programme radical de changement, avec comme cible essentielle l’omnipotence de l’état. Il a été élu après 15 ans de stagnation boursière. L’analogie avec Dwight Eisenhower (1953-1961), succédant au démocrate Harry Truman, était étonnante à l’époque puisque sa campagne s’était déjà concentrée sur la corruption de Washington et le retrait de Corée. Là aussi, l’élection correspond en bourse à la fin d’un cycle de correction entamé depuis 1929.

Donald Trump (2016- ?) surgit exactement comme ces prédécesseurs républicains : après des mandats démocrates politiquement fades (Carter, Obama) et avec un programme détonant. Dwight Eisenhower a dynamisé l’économie américaine avec le plus grand plan routier jamais conçu quand Ronald Regan a initié un projet historique de dérégulation et de baisse d’impôts. Le jeu de l’alternance a imposé à ces deux présidents des successeurs démocrates - Kennedy et Clinton - dont, là encore, les profils et choix sociétaux sont similaires.

L’évidence du cycle politique rejoint celle du cycle économique dont nous parlions dans notre newsletter du 3 février « La société occidentale en pleine déprime ». Nous avons mis à jour le graphique en ajoutant les trois élections républicaines si analogues. La conclusion est que l’arrivée de Donald Trump correspond au point de départ d’un changement majeur dans une lecture cyclique de l’infrastructure de l’économie mondiale.

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Conclusion d’investissement

Ces observations concernent le long voire le très long terme. Elles n’ont donc que peu d’impact sur la stratégie d’investissement. Par ailleurs, le cycle exploité ici est un cycle de trente ans. Or d’autres cycles sont à l’œuvre, certains plus courts (Kitchin, Juglar) et d’autres plus long (Kondratieff, Modelski). Il reste que l’élection de Trump peut être interprétée non pas comme un danger en soi dont il faut se préserver mais comme la traduction d’une évolution résolue vers une nouvelle ère économique. La tonalité est positive.

Nous n’avons aucune raison de remettre en cause notre scénario de hausse des actions sur plusieurs trimestres et nous restons à l’écart du marché obligataire.

 

 

 

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